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Création d'entreprise | Interview de Guillaume DELEMARLE du cabinet INCITYZ

01 nov. 2016

Guillaume Delemarle, du cabinet INCITYZ accompagne les créateurs d'entreprises dans leur choix et leur démarche.


 

Guillaume, IncityzFort d’une expérience acquise auprès de différents cabinets comptables en province, Guillaume Delemarle a rejoint en 2012 le cabinet INCITYZ et son réseau. Il a ainsi renforcé une équipe de spécialistes comptant non seulement des collaborateurs comptables mais également des juristes, des experts en fiscalité et, chose plus rare dans le secteur, des ingénieurs informatiques qui ajoutent la couche technophile, marque de fabrique de la marque.

Il anime régulièrement des formations à Paris auprès de partenaires de la création d’entreprise ou directement à destination des créateurs.

Depuis quelques mois, Guillaume partage son temps entre le bureau de Paris et celui de Lyon, avec toujours comme objectif de garantir au client une expérience unique.

 


 

1/ Pouvez-vous nous présenter votre entreprise en quelque mots ?

Volontiers, le cabinet d’expertise comptable INCITYZ est spécialisé dans l’accompagnement des créateurs d’entreprise et des TPE. Notre équipe est constituée d’une vingtaine de personnes très motivées à l’idée de proposer à nos clients des outils pour leur faciliter le quotidien.

Nos locaux sont situés à Paris, proche de l’Opéra Garnier. Bien que nos outils nous permettent de suivre nos clients à distance, nous mettons un point d’honneur à conserver un contact physique avec eux, pour autant qu’ils le souhaitent bien sûr. Grâce à un réseau de cabinets partenaires qui partagent nos valeurs et nos méthodes, nous pouvons proposer nos services et notre expertise dans les principales villes de France.

 

2/ Quelle est votre mission auprès des créateurs d’entreprises ?

Nous proposons des missions telles que l’accompagnement à la création d’entreprises (choix de la forme juridique, formalités administratives, réalisation de business plan…), et naturellement le suivi comptable fiscal et social une fois les structures en activité. Nous nous démarquons par une approche résolument moderne, technophile et mettant l’accent sur la réactivité pour faciliter au mieux la vie du chef d’entreprise. Avec plusieurs centaines de créations de sociétés à notre actif, nous connaissons bien les problématiques des chefs d’entreprise et nous avons à cœur de leur apporter de la sérénité durant ce parcours.

 

3/ En 2016 nous comptons 15% de plus de créations d’entreprises par rapport à 2015, avez-vous senti ce regain d’activité ?

Nous avons la chance de connaître un taux de croissance à deux chiffres depuis plusieurs années, fruit d’une politique centrée sur le ressenti client et la satisfaction perçue. Toutefois, nous ne nions pas que le secteur sur lequel nous intervenons est plutôt dynamique, la faute à un marché de l’emploi salarié morose. Avec plus de 418.000 créations d’entreprise depuis janvier[1], toute forme juridique comprise, s’il est un secteur qui ne connaît pas la crise, c’est bien celui de la création d’entreprise.

Il faut toutefois nuancer la vision globale. En ce qui nous concerne, nous notons que les activités de conseil, transport et e-commerce sont plus représentées que d’autres.

 

[1] Chiffre de l’AFE concernant les créations entre janvier 2016 et septembre 2016

 

4/ Quel type de statut est privilégié lors des créations d’entreprises aujourd’hui en France ? Pourquoi ?

Cette question nécessite une réponse en deux temps.

A l’échelle nationale, la micro entreprise (ex auto entreprise) reste la championne avec 40% des créations d’entreprises totales du pays. Elle présente pour elle l’avantage de la simplicité, autant s’agissant de la création (ce qui induit des coût quasi nuls) que du fonctionnement. Attention toutefois à bien surveiller et son chiffre d’affaires pour ne pas dépasser la limite applicable, et ses charges pour vérifier que le statut reste fiscalement le plus économe, ce qui ne va pas de soi.

Au cabinet, nous orientons plutôt nos clients vers l’EURL ou la SASU (ou leur équivalent pluripersonnel) qui présente l’avantage de séparer distinctement le patrimoine de la structure de celle de leur(s) associé(s) et qui offre une fiscalité bien souvent plus adaptée à l’exercice d’une activité professionnelle.

 

5/ Quelles sont les aides mises en place pour accompagner les entrepreneurs en France ?

Le premier financeur d’entreprise en France est à mon sens le Pôle Emploi qui permet à ses allocataires de tenter l’aventure de la création d’entreprise tout en continuant à bénéficier de ses indemnités. Ce dispositif constitue un véritable filet de sécurité fort appréciable quand on n’est pas sûr de la réussite de son projet.

Les autres aides publiques servent plutôt à amoindrir le coût d’une charge à engager. Je citerai pour exemple l’aide première embauche qui permet à l’employeur de bénéficier jusqu’à 4000 € de subvention étalée sur deux ans lors de la première embauche qu’il réalise. Attention, ce dispositif n’est pas reconduit et n’est applicable que pour les embauches effectuées jusqu’au 31 décembre 2016.

Il existe également des organismes privés, bénéficiant souvent de financements publics, soutenant spécifiquement les créateurs. Je pense aux réseaux Initiative France, Entreprendre ou encore l’ADIE pour n’en citer que quelques-uns. Il faut ratisser large en la matière car chaque réseau finance des projets selon des conditions propres et ne pas être éligible au soutien de l’un ne veut pas dire qu’on ne pourra pas bénéficier du soutien d’un autre.

 

6/ Quels sont selon vous les obstacles rencontrés par les créateurs d’entreprise ?

Le premier obstacle est le déficit d’information à l’attention de nos concitoyens. Il n’y a pas de cours dans le système éducatif pour aborder cette question. Pourtant créer une entreprise peut paraître effrayant pour qui ne l’a jamais fait, indépendamment du projet qui est derrière. Heureusement, il existe des structures diffusant de l’information, l’AFE le fait très bien, les CCI ou les BGE sont également présentes sur ce créneau.

Le deuxième obstacle est celui du financement. Heureusement, toutes les créations d’entreprises n’en nécessitent pas forcément un. Mais pour tous ceux qui envisagent d’avoir un local par exemple, les investissements peuvent rapidement devenir significatifs et le concours bancaire est alors impératif. Je pense qu’il est inutile de rappeler que les organismes prêteurs ne délient pas facilement leur bourse, et ce même aux porteurs de projet équipés d’un business plan positif.

 

7/ Quels sont les pièges à éviter ? (vos conseils)

En premier lieu, éviter de rester esseulé. Savoir s’entourer de professionnels qui comprennent les problématiques rencontrées permet d’éviter de faire des erreurs et de gagner du temps. J’ajouterai que participer à des rencontres entre chefs d’entreprise, échanger avec de futurs créateurs ou adhérer à un syndicat permet de rompre cet isolement et offre en plus la possibilité de confronter ses idées, ses impressions et est une source d’inspiration bienvenue.

En second lieu, bien anticiper les problèmes. En matière de trésorerie par exemple, il vaut toujours mieux prendre les devants et négocier des délais de règlements ou des étalements plutôt que de faire l’autruche et d’attendre que la banque ferme les robinets. A ce propos, une attention particulière devra être portée à la rédaction des CGV et aux conditions des règlements qu’elles prévoient.

Enfin, le dernier point ne concerne pas tout le monde mais peut s’avérer coûteux. Bien penser à libérer son capital avant la première clôture fiscale. Certains créateurs rédigent des statuts avec un montant en capital supérieur aux sommes qu’ils sont capables d’engager dans la société. Cela est légalement permis, mais si la situation n’est pas régularisée lors de la clôture de l’exercice, elle entraine de facto un impôt sur les sociétés à 33,33% au lieu des 15% applicables dans la plupart des cas.


 

http://www.incityz.com/

Guillaume DELEMARLE +33 (0)1 53 83 78 31